11.07.2012Une table ronde professionnelle historique

le syndicat des audioprothésistes réunit les représentants des partis politiques et des plateformes de soins.

Un premier dialogue, synonyme d’ouverture

Organisée par le Syndicat national des audioprothésistes (Unsaf), interlocuteur référent pour toutes les questions de l’audition, la table ronde professionnelle de l’édition 2012 du Congrès avait cette année un caractère d’exception. Première du syndicat unique des audioprothésistes, elle réunissait également et pour la première fois, dans le contexte particulier de l’avant élection, les professionnels mais aussi, des représentants des partis politiques et des responsables des plateformes de soins autour d’une même table.

« Notre esprit d’ouverture est clair (…) Qui aurait imaginé, il y a encore quelques années, l’Unsaf inviter à une même table, dans un esprit de dialogue, les réseaux de complémentaires, d’assurances maladie, les partis politiques, le Synea, syndicat des entreprises ? », déclarait Benoit Roy dans son discours de clôture du Congrès.

Modérée par Benoit Roy, président de l’Unsaf, la table ronde du 6 avril accueillait :

- pour représenter les partis politiques : Mme Isabelle Vasseur pour l’UMP et M. Hamou Bouakkaz pour le PS ;
- pour représenter les plateformes de soins : Mme Marianne Binst (Santéclair), M. Jacques Fiorentino (Itelis) et M. Laurent Borella (Kalivia) ;
- pour le Syndicat national des entreprises de l’audition (Synea) : M. Richard Darmon
- enfin, pour le syndicat national des audioprothésistes (Unsaf) : M. Luis Godinho, vice-président

Benoit Roy ouvrit le débat en expliquant en quelques mots le pourquoi d’une telle rencontre : « beaucoup d’entre nous (dans la profession) s’interrogent concernant l’émergence des réseaux de santé en France et nous avons pensé que le mieux était d’en parler tous ensemble ».

Sur la prise en charge des aides auditives ?

Plaçant au cœur du débat, la question de la prise en charge des aides auditives, Benoit Roy, s’adressa tout d’abord aux représentants politiques : « quid du remboursement et de la prise en charge des aides auditives ? »

Pour les politiques, une réponse à envisager dans la globalité

Les deux représentants politiques se sont accordés sur le fait que la question de la prise en charge (le reste à charge) concernant la prothèse auditive comme pour toutes les aides « techniques » devait s’envisager dans la globalité.

Du rôle des réseaux et plateformes

Poursuivant sur ce même thème central, les représentants des réseaux et plateformes, ont parlé du rôle qu’ils considèrent avoir à jouer pour l’accessibilité aux soins : un rôle de conseil auprès du consommateur. M. Jacques Fiorentino (Itelis) précisant qu’il s’agissait « d’entamer un discours un peu différent pour que les gens puissent aller vers plus de soins dans de meilleures conditions, avec le souci qu’ils soient bien informés ». Pour M. Laurent Borella (Kalivia) : « Le rôle des complémentaires santé est de travailler là où l’assurance maladie ne peut pas être aussi présente qu’elle le souhaiterait ». Mme Marianne Binst (Santéclair) déclarait : « ces domaines (dentaire, optique, audioprothèse) ne sont pas centraux pour l’intervention de l’assurance-maladie. C’est là où les complémentaires santé doivent interagir avec les professions ».

A propos du remboursement différencié

Par suite, il a été également question du remboursement différencié. Mme Binst (Santéclair) indiquait qu’il s’agissait pour elle « (d’)un des outils à la disposition du consommateur et que c’était au client final de choisir ». Luis Godinho (Unsaf), déclarait que le remboursement différencié, ne faisait au contraire que renforcer les disparités dans l’accès aux soins. M. Darmon (Synea) précisant, à son tour, que « s’il était légal (comme l’avaient souligné les politiques), il ne l’était pas pour le code de la Mutualité », ajoutant, « compte tenu de l’importance de la relation entre et le patient et l’audioprothésiste (…) est-ce une bonne chose que l’on limite le choix du patient par rapport à un remboursement différencié et que certains soient pénalisés parce qu’ils voudraient choisir leur audioprothésistes pour des raisons de proximité ou de professionnalisme ? ».

Et du remboursement obligatoire à l’avenir…

« Même symbolique, c’est un gage de légitimité pour le patient », faisait remarquer Luis Godinho.

Les freins à l’équipement

Elargissant la perspective au-delà de l’accessibilité et du rôle des réseaux, Luis Godinho a également rappelé que la problématique de l’audioprothèse était toute autre que celle des autres secteurs (optique en particulier). L’aide auditive n’était pas assimilée à un bien de consommation et il existait d’autres freins que le prix et, en particulier, le plus important à son avis, le frein psychologique. Il fut rejoint sur ce point par le représentant du Synea, ainsi que par M. Laurent Borella (Kalivia), qui précisait que dans son cas, la communication (via le réseau) était un élément important dans ce processus. M. Jacques Fiorentino (Itelis) ajouta, à son tour, que la démarche pédagogique revêtait pour son groupe une grande importance. Mme Binst déclarait : « l’enjeu en France : c’est s’équiper plus et plus tôt ». Apportant un bémol aux discours sur le frein psychologique, elle précisa que cet aspect n’était pas en soi une fatalité citant l’exemple des Etats-Unis où l’appareillage serait mieux vécu. Luis Godinho d’ajouter, « par méconnaissance (…) les classes les moins aisées ne se posent même pas le problème de prendre un appareil auditif ». Il ajouta également que le discours sur l’aide auditive en France, était souvent passéiste et les chiffres annoncés souvent erronés : « sur les 5 millions de malentendants, on considère qu’il y a au maximum 3 millions d’appareillables (…) 40% des gens qui devraient être équipés, le sont (…) Par rapport à notre taux de remboursement, pourtant l’un des plus faibles d’Europe, nous sommes très bien placés ».

Du dépistage et prévention

Tous se sont accordés sur l’importance à la fois du dépistage et la prévention. A ce titre, Luis Godinho, appelant au dialogue, a notamment fait part de propositions pour des dépistages rapides « en 4 ou 5 questions simples » posées par les médecins généralistes et précisa : « une campagne de sensibilisation si elle venait de la puissance publique serait plus écoutée que si elle provenait d’acteurs privés et l’information serait la même pour tous ».

De la répartition géographique, de la proximité, pour le succès de l’appareillage

Pour Mme Marianne Binst (Santéclair), les modes de distribution doivent aussi évoluer : « il y a des choses à faire : regroupements géographiques, économies liées au volume. Mettre une partie optique et audioprothèse dans un même point de vente est une façon de réduire les coûts ». M. Darmon, déclara quant à lui : « n’oublions pas que l’on s’adresse à des seniors, avec une moyenne d’âge de 80 ans, dont un des critères majeurs de choix est la proximité ». Concernant la répartition géographique et la taille des centres, Benoit Roy, conclut par ces mots : « la satisfaction du patient passe par la qualité du suivi et la qualité du suivi passe effectivement par la proximité. Plus le suivi est compliqué moins il est fait et s’il n’est pas fait, moins le client est satisfait. Ne pas faire un suivi de qualité c’est aller vers un échec d’appareillage ».

Prix et marché : une norme cadre

Quant au prix de l’appareillage, Luis Godinho, précisa que le temps passé avec chaque patient ne permettrait pas de dégager des gains de productivité notables pour le diminuer significativement et qu’il ne fallait pas s’attendre à des effets d’échelle avec la création de plus grands centres. Questionné sur la transparence du prix, il précisa qu’une nouvelle norme européenne Afnor à l’initiative de l’Unsaf, encadrait maintenant l’exercice de la profession. M. Darmon pour le Synea (faisant référence à des propos de Mme Binst) précisait quant à lui : « les « petits efforts » de 1/3 du prix sont impossibles. Il n’y a pas de possibilité de baisser les prix de 30% ou 40%». 

De l’évolution de la profession encore…

Parlant pour les professionnels, Luis Godinho, déclara aussi que des remises en question étaient sans doute à faire au sein de la profession notamment en termes de marketing, aussi par exemple, pour proposer plus de produits d’entrée de gamme (où le reste à charge est moins élevé).

A propos de l’augmentation du nombre des audioprothésistes, Benoit Roy rappela la position de l’Unsaf a savoir, qu’il n’y avait pas, aujourd’hui, de pénurie des audioprothésistes en France et que si le nombre de professionnels devait évoluer, il devrait l’être selon lui, de manière raisonné : en augmentant le nombre d’élèves par école sans modifier le nombre des écoles.

Enfin, l’ouverture et accord, en conclusion :

tous les acteurs présents ont salué l’ouverture au dialogue de l’Unsaf et ont remercié le syndicat pour l’organisation de cette rencontre, la première du genre. Ils se sont tous dits prêts à renouveler l’expérience.

Mme Vasseur conclut en rappelant : « La nécessité par rapport à la législation d’évaluer les systèmes une fois mis en place », M. Bouakkaz, en félicitant l’appel à la mutualisation des intelligences et d’une manière générale, le syndicat des audioprothésistes pour ses propositions innovantes.

Benoit Roy termina le débat : « comme je vous l’ai dit à tous : vous êtes devant une profession responsable. Nous sommes prêts au dialogue ».

 

 

 

 

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